Réduire le micromanagement pour vous libérer du temps et favoriser la confiance et l'innovation

Dec 20 / C3pH

Introduction

Le micromanagement, également connu sous le nom de « microgestion » est un comportement de gestion où une personne surveille de manière excessive et contrôle de près les tâches et les activités de ses collègues.

Elle se caractérise par une implication démesurée dans les détails opérationnels au lieu de se concentrer sur les objectifs stratégiques.
  
Même si elle part généralement d’une bonne intention, le micromanagement est nuisible à plus long terme et peut avoir des impacts négatifs considérables pour toute organisation.
  
« Le micromanagement est une perte totale de temps pour tout le monde. Cela épuise les collègues, favorise l'anxiété et crée un environnement de travail très stressant. Choisissez les bonnes personnes et donnez-leur l'espace nécessaire pour faire leur travail. »Brigette Hyacinth     

En tant que manager, il faut apprendre à faire confiance à son équipe et parfois à laisser-aller. Dans un monde idéal, on voudrait qu’une équipe soit capable d’accomplir son travail et d’atteindre ses objectifs même si le ou la manager est absent.e. 

Principaux signes du micromanagement 

Maintenant que nous avons défini ce qu’est le micromanagement, à quoi exactement peut-on le reconnaître ? Sans surprise, les personnes qui le subissent peuvent généralement le reconnaître facilement 😉. 

À l’inverse, il est plus difficile de le reconnaître quand cela nous concerne en tant que manager. En fait, il est impossible de lister tous les éléments pouvant indiquer que vous faites du micromanagement. 

Cependant, les 5 signes présentés ci-dessous pourront vous faire réfléchir sur vos propres comportements. Attention, ce n’est pas parce que l’un de ces éléments s’applique pour vous que vous faites nécessairement du micromanagement.  

Signe #1 :
 Réunions fréquentes et interminables : Les individus qui font du micromanagement ont tendance à organiser beaucoup de réunions pour surveiller de près le travail de leur équipe et suivre les progrès, souvent sans réelle nécessité. Afin d’évaluer ce premier signe, nous vous invitons à réfléchir à vos deux dernières semaines et à répondre à ces quatre questions sur vos réunions: 

  • Est-ce que les réunions à mon agenda étaient pertinentes ?  
  • Est-ce que ma présence était pertinente ? 
  • Est-ce que ces réunions pourraient être plus courtes ?  
  • Est-ce que ces réunions pourraient être plus espacées dans le temps ?


Signe #2 : Demande constante d'être en copie de tous les courriels (ou presque) : Par souci de contrôle qualité, les personnes qui font du micromanagement peuvent ressentir le besoin d’être tenues informées de chaque communication, même mineure. Ce comportement peut rapidement devenir étouffant pour les personnes devant vous mettre en copie conforme (ci-après CC). Pour réfléchir à ce deuxième signe, nous vous invitons à répondre aux questions suivantes : 

  • Est-ce que je suis dans trop d’échanges de messages ? (répondre « oui » à cette question est presque devenue la norme 😉 sur le marché du travail).
  • Est-ce que je demande à être en CC trop souvent ?
  • Lorsque je demande d’être en CC dans un message, est-ce vraiment pertinent ?


Signe #3 :
 Sentiment de débordement et non-respect des échéanciers : Vouloir être informé.e de tout ou presque et de suivre en temps réel les progrès de son équipe demande beaucoup de temps et d’énergie. Cet investissement de la personne agissant comme manager engendre typiquement un sentiment d’être débordé.e et de ne pas être en mesure de respecter ses échéanciers. Voici trois questions de réflexion pour vous : 

  • Est-ce que j’ai tendance à faire beaucoup de choses par moi-même ? 
  • Est-ce que je révise trop le travail de mon équipe ? 
  • Est-ce que je perds trop de temps à aller dans le détail ? 


Signe #4 : 
Sentiment d'être un goulot d'étranglement dans l'organisation : L’image la plus puissante pour illustrer ce signe est celle d’une quantité importante de documents qui atterrissent sur votre bureau en attente de votre révision ou validation. L’apparition d’un goulot d’étranglement lorsque la tâche est rendue à votre niveau peut être un signe de micromanagement de votre part. L’équipe peut se sentir paralysée dans l’attente de vos décisions, et ainsi, voir sa productivité décliner. Répondez aux questions suivantes si vous souhaitez creuser ce 4e signe : 

  • Est-ce que les tâches se retrouvent souvent bloquées une fois rendues à moi ? 
  • Si c’est le cas, est-ce normal que ce soit ainsi ?
  • Est-ce que je pourrais déléguer certaines tâches ? 
  • Si oui, lesquelles et à qui ? 
  • En prenant du recul, est-ce que je sens que je suis parfois un goulot d’étranglement pour mon équipe? 


Signe #5 : 
Manque de créativité et d'initiative de la part des collègues : Ce dernier signe est observable du côté de l’équipe. Habituellement, les personnes travaillant dans un contexte de micromanagement ont moins d’initiatives, car elles se sentent contrôlées voire critiquées pour leurs idées. Avec le temps, ces personnes sont de moins en moins enclines à partager leurs idées et à faire preuve d’innovation. Pour ce dernier signe, nous vous proposons la même mécanique :-). 

  • Est-ce que mes collègues sous ma supervision font souvent preuve d’initiative ? 
  • Est-ce que j’ai observé une baisse de la créativité depuis que j’occupe ma position ?
  • Est-ce que j’ai tendance à prendre toutes les décisions ou presque pour l’équipe ? 


Si vous vous reconnaissez dans ces signes, il est peut-être temps de réfléchir à votre style de gestion et de voir comment vous pouvez donner plus d’autonomie à votre équipe tout en maintenant un niveau de contrôle adéquat. Pour approfondir le sujet, inscrivez-vous à nos parcours de formation e-learning destinés aux gestionnaires (et employés). 

Vous pouvez également réserver une ou plusieurs séances de coaching pour un accompagnement personnalisé. 

Principales conséquences du micromanagement

Le micromanagement peut avoir des conséquences néfastes pour une organisation, notamment : 

  • Perte de performance et de motivation : Les collègues se sentent dévalorisés et manquent de motivation à cause du manque de confiance de leur manager. 
  • Diminution de la créativité et de l'initiative : Les collègues n'osent pas proposer de nouvelles idées ou approches, ce qui limite l'innovation (c’est à la fois un signe et une conséquence). 
  • Création d'une vulnérabilité organisationnelle : En cas d'absence de la personne qui fait du micromanagement, l'équipe peut se retrouver complètement paralysée et incapable de prendre des décisions de façon autonome. 
  • Haut taux de roulement : Les collègues peuvent chercher d'autres opportunités pour échapper au micromanagement, entraînant un taux de roulement élevé.
     
Il est essentiel de reconnaître que le micromanagement peut avoir un impact considérable sur l'efficacité, la culture et le bien-être organisationnel et il est donc préférable de promouvoir un style de gestion plus collaboratif et axé sur la confiance pour éviter ces conséquences néfastes. Nous abordons plus en détail ces sujets dans nos parcours de formation e-learning destinés aux gestionnaires (et employés).

Mode d'emploi pour réduire le micromanagement 

Après avoir pris connaissance des éléments ci-dessus, vous avez peut-être réalisé que vous semblez parfois faire du micromanagement.

Il n’y a pas de souci, car il est possible de diminuer le micromanagement.

Nous vous proposons trois étapes simples pour amorcer ce changement.  

Prendre conscience de ses propres comportements :
Cette première étape peut sembler toute simple, mais nous sommes souvent de mauvais juges de nous-mêmes.

Pour y arriver, nous vous invitons à compléter l’autoévaluation disponible sur la plateforme de C3pH. Nous vous invitons tout simplement à suivre les indications sur ce lien pour y accéder.

Vous y trouverez un résultat personnalisé avec des explications sur votre niveau de micromanagement.  

Il peut aussi être fort utile de demander de la rétroaction aux personnes sous votre supervision par rapport à votre style de gestion. Les retours d’information que vous recevrez vous permettront de prendre du recul sur vos façons de faire et d’avoir le pouls de votre équipe.

Pour que cette démarche soit efficace, il faut s’assurer de mettre votre employé.e ou collègue dans une position confortable où elle sera libre de vous partager son point de vue. 

Focaliser sur le « quoi » plutôt que le « comment » :

Le « quoi » représente le résultat attendu et le « comment » la façon d’y parvenir. En vous concentrant sur le « quoi », vous donnerez vision à votre équipe de ce qui doit être livré tout en évitant de leur dire comment faire pour y arriver. Même si vous n’avez pas à vous impliquer dans le « comment », assurez-vous tout de même que votre équipe dispose des bonnes informations et des bons outils pour accomplir la tâche. En agissant ainsi, vous développerez l’autonomie de votre équipe et ultimement, sa fierté 😊. 

Adopter une posture mentale optimiste :

Le micromanagement est généralement causé par un manque de confiance ou par une crainte que les résultats ne soient pas à la hauteur de nos attentes. En gardant une approche positive, vous arriverez davantage à faire confiance à votre équipe et à éviter les comportements problématiques. Une astuce à cet égard est de se remémorer fréquemment les réussites du passé. Le fait de garder en tête les succès de son équipe vous rappellera que votre équipe est capable de livrer la marchandise sans que vous soyez obligé.e de la surveiller constamment. 
En résumé, nous vous recommandons d’agir autant que possible pour réduire les comportements de micromanagement.

L’engagement accru de votre équipe, combiné à une meilleure autonomie, favorisera un environnement de travail plus collaboratif et stimulant, ultimement propice à une amélioration significative de la performance globale de votre équipe.

Nous vous invitons à visionner nos parcours de formation e-learning destinés aux gestionnaires (et employés) afin d'avoir une vue d'ensemble sur les meilleures bonnes pratiques à adopter pour réduire les comportements de micromanagement et avoir plus de temps au quotidien pour les décisions stratégiques.

Vous pouvez également réserver une ou plusieurs séances de coaching pour un accompagnement personnalisé.